Rénovation d'un canal d'irrigation

Feuille de route n°1

Bonjour à tous,
Drôle de semaine ! J’avais calculé mon voyage pour arriver samedi et ainsi pouvoir reprendre  le chantier dès le lundi. Illusion. Pas de signe du maire, donc pas de reprise des travaux, donc chômage technique pour moi ! Finalement notre ange gardien est sûrement intervenu et Mathieu et moi avons été reçus en mairie le mardi matin.
Le maire avait aussi été incité par différentes instances locales à régler ce problème.
C’est un homme très intelligent, très bon tribun. Pour Andavakoera, il avait promis une école et l’irrigation (ça tombe bien…). Comme notre partenariat a bien réussi pour l’école, il a
confiance pour que nous  menions  à terme ce projet d’irrigation. Il a soulevé l’important problème de la gestion socio économique future des terres irriguées (question soulevée aussi par Hydraulique Sans Frontières) : distribution foncière des terres et gestion de l’eau.
Mais il conditionnait la reprise des travaux à la tenue préalable d’une réunion avec tous les villageois et avec un représentant du conservatoire international.

Dure semaine donc, seul à ronger mon frein à Diégo (d’ailleurs, je n’avais presque plus de frein, ce qui est dangereux dans les descentes), même si j’ai pu régler un certain nombre de problème dont celui de l’approvisionnement en matériaux avant que les premières
pluies ne rendent la piste trop difficilement praticable. Georges, un des hommes les plus efficaces du village, s’en est chargé.
Heureusement, Jacqueline a rompu cette solitude en arrivant jeudi soir, encore qu’elle ait failli ne pas arriver à cause d’un cyclone annoncé le jour de son arrivée. Celui-ci s’est opportunément transformé en pluie tropicale, sans gène pour les avions. Par contre, cette première grosse pluie a été vraiment la bienvenue après 4 mois et demi de sécheresse : la nature reverdit de jour en jour, mais la piste s’est transformée en patinoire. Heureusement le soleil est vite revenu en séchant suffisamment la piste pour que le camion de
matériaux puisse monter et les partenaires venir vendredi. Il fait d’ailleurs très chaud et on a du mal à imaginer de travailler dur dans de telles conditions. Les villageois sont toujours motivés, plus habitués que nous à cette canicule (le fond de l’air n’est pas très chaud, 30 – 32 °C, mais le soleil est brûlant).
Toute ma « chaleur-euse » amitié, Denis

Revenons à cette réunion de vendredi, qui a été une véritable thérapie de groupe, menée de mains de maître par le maire. Car en plus des problèmes de chantier il y avait à régler les problèmes internes au village entre le président actuel  Augustin et l’ancien président
Georges. Augustin, qui avait largement pris part aux tensions entre le maire, nous et le village  était gris clair !!!
Ce conflit a été résolu magnifiquement, calmement et respectueusement par la parole. Notre chère présidente aurait apprécié. La parole  du maire qui a identifié le problème, celles  des deux protagonistes devant l’ensemble des villageois et ceci au cœur de l’école. Un ancien
a parlé avec grande sagesse en disant qu’au-delà des conflits de personnes il y avait à prendre en compte l’intérêt des villageois et donc donner la priorité au projet d’irrigation. Chacun s’est exprimé, le responsable des jeunes du village aussi. Et ce moment important s’est terminé par une réconciliation, Georges et Augustin se sont serrés la main, donnés l’accolade ;  Denis a serré celle du maire (sans accolade !!). Nous avons immortalisé ce moment que nous vous transmettrons au retour. Et ceci sous les applaudissements de tout le monde.
J’ai pris la parole en disant d’abord ma joie de retrouver les villageois qui plus est dans l’école !!, J’ai dit combien j’avais apprécié ce moment de gestion de conflit, enfin que notre Présidente m’avait chargée de dire au maire que sans convention signée, nous ne
continuerions pas le projet.
Le maire a proposé la création d’une association locale d’Andavakoera avec des représentants de Ramena. Cette association aurait une délégation de pouvoir pour le suivi du projet global : la construction du barrage, un terrain communal à partager (rizières) entre les villageois en fonction de la taille des familles, des besoins de chacun etc, et la création d’une coopérative agricole pour la gestion des semences et des récoltes.
Le Maire  a finalement dit que trois documents seraient élaborés et signés :

  • la convention pour achever le canal d’irrigation pendant notre séjour
  • un préprogramme pour la répartition des tâches entre chacun des partenaires pour décembre 2009 et pour 2010 (nous avons élaboré ce document aujourd’hui à l’ombre des cocotiers et sous une chaleur torride !!! les bains de mer permettaient de nous rafraichirrégulièrement… )
  • une convention qui lie les trois acteurs principaux du projet : l’association villageoise, les Geckos de Diego (GED) et les amis de circée

Des « taratasy » en perspective. Espérons que d’ici le 18 décembre nous aurons avancé !!
A la suite de la réunion, le maire est monté voir le chantier et a été fortement impressionné par l’ampleur des travaux, ceux déjà réalisés et ceux restant à faire.
Nous vivons un projet global passionnant mais très lourd et nous envisageons de chercher un relais technique local, des partenaires français intéressés pour partager la réalisation pratique du chantier du barrage en 2010. A bon entendeur salut !
Amicalement et bisous.

Jacqueline

Enfin !!! Voici le film sur la construction de l’école d’Andavakoera

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