Etude technique pour l'adduction d'eau et l'irrigation

Feuille de route n°1

Bonjour à tous…

L’eau c’est la vie. Plus que jamais ici, car il n’a pas plu assez cette année: pas de récolte de riz à Andavakoera et le puits traditionnel est à sec. Heureusement le puits foré fonctionne avec notre pompe à corde réparée l’an dernier mais il est à 600m du village, d’où une noria de femmes et d’enfants avec des seaux à la main et sur la tête.

L’accueil des villageois à été comme toujours d’une chaleur émouvante avec sourires et fortes accolades de bienvenue. C’est pour eux comme une lueur d’espoir dans le marasme actuel économique, politique et climatique.

Cette année pas de réalisations concrètes puisqu’il faut continuer la phase d’études aussi bien pour l’irrigation que pour l’eau potable. Et nous sommes fort heureusement rassuré par la présence d’Alain, camarade de promotion, ami et en plus spécialiste des problèmes liés à l’eau. Lui aussi à la retraite depuis le mois de juillet, il n’a pas hésité à venir sur le terrain après une première étude théorique pendant l’hiver. Me voilà donc très soulagé et au sommeil tranquille grâce à sa présence !

Les problèmes à résoudre sont complexes. Pour l’eau potable, il est vite apparu évident qu’il fallait aller capter l’eau à la source, dans la montagne, où elle est saine et coule encore bien à cette période de sécheresse anormale. Cela représente un captage, 2km de tuyaux et plusieurs ouvrages annexes dont un réservoir au dessus du village, une ou plusieurs bornes fontaines et – ho! luxe – un lavoir communal. Nous faisons actuellement toute la topographie du tracé potentiel.

Quant à l’irrigation, nous avons aussi topographié le site du barrage, après qu’Alain ait approuvé la rénovation du canal, à mon grand soulagement ! Mais ce barrage lui causait beaucoup de soucis et d’interrogations et, au cours d’une nuit plutôt blanche, il a imaginé un autre système hydraulique dont la réalisation serait plus sûre, plus pérenne même si peut être plus chère. Cela nous a rassuré car depuis plus d’un an maintenant je ne «sentais » pas ce barrage.

Alain s’est merveilleusement adapté au village, au mode de vie, aux projets et il est déjà adopté par les villageois. Il leur fera un « exposé » avant son départ. Ils ont toujours confiance et beaucoup de patience même si le report des réalisations concrètes, dues à la distance et au manque de disponibilités de notre part, n’est pas facile pour eux.

C’est un bonheur pour Alain et moi de se retrouver complices sur ce projet alors que nous avions l’habitude de nous rencontrer que 2 ou 3 fois par an sur quelque montagne ou falaise pour partager une journée, échanger sur les joies et les peines de la vie qui avance.

J’ai l’impression de trouver l’ambiance des premiers explorateurs qui cartographiaient les terres inconnues accompagnés d’un groupe de porteurs armés de machettes!! J’ai tout de suite retrouvé mes marques dans ce petit coin de brousse cher à mon cœur.Après avoir passé 10 jours dans le sud du pays pour faire du tourisme et grimper, avec Charlie, AVANT d’aller travailler à Andavakoera. De Tana 9h de taxi-brousse sur les hauts plateaux nous ont amenés à Fianarantsoa avant de terminer le périple en 4×4 jusqu’au Camp Catta dans le massif du Tsaranoro, falaise mythique pour les grimpeurs. Paysages superbes tout au long de la route, succession de collines et de vallées striées de culture de riz en terrasse. Les maisons villageoises sont en dur, de briques et de terre rouges, toits de chaume, et donnent une impression plus riche, si l’on peut dire, que les maisons du nord.

Le camp Catta est d’un luxe 3 étoiles, tout confort, presque trop pour des grimpeurs, mais il héberge surtout des groupes de touristes qui parcourent l’île en 4×4. La falaise est impressionnante avec ses 800m de granite d’un seul jet, si lisse d’aspect, parfois colorée d’immenses coulées de lichens verts et orange fluo. Le stress ne peut que serrer l’estomac à la vue de ces parois sachant leur réputation de cheminement très engagé. Avec Charlie nous avons abordé peu à peu cette falaise pour apprivoiser ce rocher nouveau pour nous et nous adapter à l’espacement des points d’assurage. En fait, vu de près, ressenti sous les pieds et les mains, le granite est très adhérent et très structuré. Un bonheur à grimper. La confiance venant, nous avons gravi pour finir la célèbre voie « Out of Africa » dans de très bonnes conditions. Et j’ai tout de suite retrouvé le sommeil!!!

Denis

 

Je reprend la plume pour vous donner quelques vaovao de l’école. Nous avons organisé une réunion avec l’association de parents d’élèves (FRAM) les résultats scolaires sont excellents. 3 élèves sur 4 passent en sixième. Ils vont donc poursuivre leur scolarité soit à Ramena soit à Diego. Après discussion avec Tinah et avec Monsieur Gaston le chef CISCO (recteur) nous pensons mettre en place un système de parrainage.

Dès à présent si certains d’entre vous souhaitent parrainer un enfant faites le moi savoir par mail Par ailleurs je prépare les arrivés de Philippe Bouvat, médecin et de Guy Ménant pour l’éducation numérique. Nous avons eu le plaisir de partager un moment d’exception avec monsieur le maire de Ramena. Nous vous raconterons de vive voix.

Dans la prochaine feuille de route je vous raconterai les nombreux rendez-vous avec toutes autorités confondues pour élaborer les nombreuses « taratas » nécessaires à l’ensemble du projet. Notre « bonne » administration française n’est pas loin…

C’est toujours pour moi un immense bonheur de retrouver les enfants dans le village et la motivation est de plus en plus forte lorsqu’on voit l’immensité des tâches à accomplir. Cette année est tout à fait encourageante avec tous ces amis qui nous accompagnent sur le terrain.

Charlie avance sur les prises de sons malgré le « varatraz » qui souffle pire que mistral. Il doit aussi faire signer un certain nombre de « taratas » pour le droit à l’image des villageois, papiers nécessaires avant toute diffusion télévisée en France et à l’étranger.

Amitiés à tous Jacqueline, Denis, Alain, Charlie

Enfin !!! Voici le film sur la construction de l’école d’Andavakoera

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