Adduction d'eau potable 01

Mbala tsara tous les amis !

Les valises sont quasi prêtes pour une nouvelle aventure malgache dans « notre » village d’Andavakoera. Il nous tarde de rentrer dans la réalisation après des mois de conception technique, de dossiers d’autorisation, de recherche de financement et d’organisation à distance.

Nous partons fin avril, Alain pour 10 jours, Jacqueline et moi pour un mois. Nous allons commencer par le projet d’adduction d’eau potable qui doit permettre d’amener, depuis une source dans la montagne, de l’eau potable au village par 2 bornes fontaine et un lavoir. Les travaux devraient durer environ 3 mois ; ils sont confiés à une entreprise locale que nous allons tester et un peu surveiller dans les premières semaines de chantier, notamment pour la partie délicate du captage et pour la participation et le paiement des villageois.

En même temps, le but est de finaliser le projet de barrage, beaucoup plus complexe, sur lequel nous avons bien avancé grâce à Alain et aux ingénieurs malgaches de la Soméah. Il reste quelques mesures et vérifications à faire, dont la pluviométrie, pour arrêter la conception définitive et donc le budget prévisionnel. Si tout va bien, les travaux devraient commencer en septembre quand la rivière sera à sec. Ce projet a demandé de nombreuses démarches administratives auprès du ministère et des autorités locales pour une autorisation de prélèvement d’eau dans la rivière.

La chance (ou le hasard ou les ancêtres ou tout ça à la fois ?), nous a fait rencontrer à distance  Marina une jeune malgache juste diplômée comme ingénieur agronome, qui venait de terminer son mémoire sur … Andavakoera !! Nous l’avons donc embauchée pour toutes les études socio économique, juridique et agricole.  Elle a une « pèche d’enfer », elle est très motivée et efficace, de l’humour et parle très bien français. Jusque là nous avons échangé par mail et téléphone. Il nous tarde de la rencontrer physiquement ; nous arriverons à Diégo le jour de son anniversaire ! Elle a fait entre autres choses un travail remarquable auprès des villageois pour la gestion des futures rizières : analyse du droit coutumier (qui travaillait quelles terres autrefois ?), cession des terres à la communauté et redistribution des terres à chaque famille en fonction des besoins respectifs. Performance ultime, elle a réussi à rencontrer le maire pour aider les villageois dans ce partage délicat. Détail cocasse : connaissant les mœurs locales, le maire a fait en sorte que même dans les couples, la femme et l’homme aient chacun une parcelle vu la facilité avec laquelle les dits couples se font et se défont ! Tout est déjà réglé, autorisation officielle de prélèvement et répartition alors que nous pensions qu’il faudrait beaucoup plus de temps. Nous avons donc maintenant obligation de réussite …

Les villageois ont fait le 15 avril une grande fête et tuer le zébu à cette occasion. Nous avons suggéré qu’ils attendent notre arrivée mais l’ancien du village a répondu que c’était le 15 avril la date appropriée. Nous referons une fête quand l’eau coulera !

C’est pour le projet et les villageois une chance d’être « tombé » sur une personne telle que Marina et cela nous ramène à cette question récurrente d’un accompagnement pertinent, juste et durable de notre action de développement dans ce village. Que toute cette problématique sociale soit prise en main par des malgaches pour des malgaches est essentielle. Plus nous resterons en retrait et saurons passer la main, plus les projets ont des chances d’être pérennes. Au fur et à mesure des réalisations concrètes, nous remettrons officiellement les installations aux villageois, ou plutôt à l’association qu’ils ont créée pour cette gestion, et nous formerons 2 ou 3 personnes pour l’entretien, le but étant d’arriver à une autonomie complète. A ce sujet, les Amis de Circée ont décidé de travailler sur le thème de l’éthique de l’accompagnement. Nous avons déjà eu 2 sessions passionnantes de réflexion animées par Sylvie Kergreis, une universitaire de Rennes.

Last but not least, le montage financier est pratiquement bouclé grâce à l’entreprise russe et à Alain qui a mobilisé autour des projets tout son réseau d’anciens clients et partenaires. L’adduction d’eau potable est portée en grande partie par le SIVIG, syndicat des eaux du canton de Vif, qui participe fortement au financement et qui, de plus, a porté le projet auprès de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse qui va financer la moitié des travaux. L’entreprise russe RME et la Sogréah financent une bonne partie du barrage. Le reste des dons et les fonds propres de l’association devraient pouvoir être répartis et compléter les budgets des deux actions.

Notre motivation est intacte, excitation et stress  se donnent la main comme à chaque fois. A bientôt donc de vous conter par le menu des histoires de femmes, d’hommes et d’eau à Andavakoera !

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